Les orthodoxes

La religion orthodoxe est une religion chrétienne orientale qui s’est séparée de la religion chrétienne occidentale (romaine), ou catholique, il y a environ mille ans. Les orthodoxes sont estimés à près de 200 millions dans le monde, en particulier en Grèce, en Roumanie, en Bulgarie, en ex Yougoslavie et surtout en ex URSS où ils représentent 50%.

Le terme « orthodoxe » vient du grec ortos (orthos) qui signifie droit, juste et doxa (doxa) qui signifie croyance, opinion. Donc cela signifie la vraie croyance. Il fut employé pour désigner les Églises demeurées fidèles à la foi des premiers conciles œcuméniques.

Eglise orthodoxe

Église orthodoxe

Origines et contexte historique de l’orthodoxie

Au IVe siècle, la religion chrétienne, longtemps persécutée, fut d’abord tolérée par l’Édit de Constantin en 313, puis elle devint la religion d’État sous Théodose entre 380 et 390.

A la mort de Théodose, l’Empire romain (appelé aussi Romania) se divisa en deux parties : l’Empire d’Occident, centré sur Rome et parlant le latin, et l’Empire d’Orient, centré sur Constantinople et parlant le grec. En 330, l’empereur Constantin transporte le siège de l’empire de Rome à Byzance.
La nouvelle capitale, Constantinople (aujourd’hui Istanbul), devient le foyer intellectuel et religieux du christianisme oriental.
Le christianisme occidental devient de plus en plus centralisé, avec à sa tête, le pape, évêque de Rome.

Au cours des IVe et Ve siècles s’élabore une culture chrétienne. Elle est partagée par toutes les Églises orientales qui ont un fort sentiment d’appartenance commune. Sur les cinq patriarcats primitifs -Jérusalem, Alexandrie, Antioche, Constantinople et Rome- un seul est situé à l’ouest ! L’Église et l’État sont liés, favorisant le développement de la culture chrétienne : la basilique Sainte-Sophie à Constantinople, par exemple, est construite par l’empereur Justinien en 538.

Une crise éclate au 8ème siècle au sujet des icônes dans les Églises (L’iconoclasme, ou Querelle des Images),. L’empereur Léon III interdit le culte des images et entre en conflit avec les moines, farouches défenseurs des icônes. La querelle des images menace le culte de l’Église d’Orient, sur lequel reposent un art de vie et une croyance.

Le schisme entre les Églises d’Orient et d’Occident se produit en 1054, Rome et Constantinople s’excommuniant mutuellement. Les papes de l’époque (IXe-Xe siècles) tentaient de transformer une primauté d’honneur, une « présidence d’amour » au sein des Églises locales, en un pouvoir juridique direct sur toutes les Églises, au mépris des droits traditionnels des évêques et des patriarches des autres Églises.

Le mot schisme vient du grec « scismos » (schismos) qui signifie la séparation d’un groupe en deux parties.

Schisme en 1054 entre l'Eglise d'Orient et d'Occident

Schisme en 1054 entre l’Église d’Orient et d’Occident

L’Église de Rome s’est développée sans trop se soucier des autres. Or, chaque Église, petite ou grande, doit savoir où est la « tête ».
Les patriarches de Constantinople critiquaient les « innovations romaines » comme l’usage du pain azyme, la discipline du jeûne, le baptême réduit par les Latins à une simple immersion (3 pour les Grecs), le célibat ecclésiastique, ou l’insertion du mot filioque dans le Credo. Le pape Léon IX se heurte à Michel Cérulaire, patriarche de Constantinople.

Le 16 juillet 1054, le cardinal Humbert, à la tête d’une légation papale, dépose la bulle d’excommunication de Michel Cérulaire sur l’autel de la cathédrale Sainte-Sophie.
Le 24 juillet 1054, le Synode permanent byzantin réplique en jetant l’anathème sur les légats pontificaux. La grande majorité des peuples slaves épouse alors la foi orthodoxe et se rattache à l’Église d’Orient. L’orthodoxie slave gagne la Russie qui adopte les pratiques des monastères grecs du mont Athos.

Ces anathèmes réciproques n’ont été levés que le 7 décembre 1965 par le pape Paul VI et le patriarche Athénagoras Ier. La rupture entre les Églises d’Orient et d’Occident existe toujours.

Rites et rituels chez les orthodoxes

La base de la foi orthodoxe est la communion fondamentale avec Dieu, présente à chaque moment de la vie. Le but de l’Église est de mettre en valeur cette communion, but de toute église chrétienne et non réservée aux orthodoxes d’ailleurs.

Le Christ est considéré comme le trait d’union permettant à l’homme de renouer avec la grâce divine. En revenant sans cesse à sa passion, l’orthodoxie invite l’homme non seulement à méditer sur son propre sort, mais aussi à se métamorphoser, à transcender son vécu quotidien pour ranimer la flamme de sa nature profonde, qui est divine.

Le rite orthodoxe met les fidèles en condition de grande réceptivité dans une atmosphère mystique, associant prières répétitives, jeux de lumière des cierges et candélabres, et symbolique des icônes. C’est un rite incarné, le corps étant partie prenante.

Cérémonie orthodoxe

Cérémonie orthodoxe

Les manifestations orthodoxes les plus importantes au cours d’une année

  • Le cycle de Pâques, qui commence 10 semaines avant Pâques et continue jusqu’au dimanche après Pentecôte (Toussaint orthodoxe),
  • L’Octoèque (pendant 8 semaines) après Pâques,
  • Le cycle des fêtes fixes, variable suivant les pays, comme Noël, l’Assomption et quelques fêtes de la Vierge.

Les autres rituels orthodoxes

  • Le baptême est pratiqué par immersion totale dans l’eau à trois reprises, mais aussi sans immersion aujourd’hui.
  • La chrismation pratiquée le même jour par onction du saint chrême permet à tout âge de recevoir l’eucharistie.
  • L’eucharistie (qui se fait sous les deux espèces et pour lequel on demande le jeûne), Ces deux éléments, le pain et le vin sont appelés les « saints dons » parce qu’ils rendent la vie spirituelle comme un don. Le prêtre, qui se tient devant l’iconostase, met dans la bouche du communiant qui s’approche, une cuillerée du mélange pain-vin puisée dans le calice. Si l’Eucharistie est présentée tous les dimanches, en général on ne communie que 3 à 4 fois dans l’année, les moments forts étant le Jeudi saint, le 15 août (appelé Dormission), et Noël.
  • Les sacrements d’initiation sont donnés en même temps (baptême, chrismation et eucharistie à la première messe qui suit). L’eucharistie, le mariage, la confession et l’onction des malades ressemblent, à quelques particularités près, aux sacrements pratiqués par l’église catholique. Le Sacrement du mariage est donné uniquement par le prêtre et non par les jeunes fiancés comme chez les Catholiques. Le baptême et l’eucharistie sont les sacrements par excellence parce qu’ils constituent les instruments de la régénération intérieure de l’homme.

L’ordination des prêtres

En grec papas (papas) qui signifie père et qui a donné improprement le mot pope.

L’ordination est conférée à un seul candidat à la fois et se déroule dans la paroisse où il sera affecté. L’ordination comprend une triple procession autour de l’autel par le candidat, l’imposition de la main droite de l’évêque sur la tête de l’ordinant, la remise des ornements liturgiques accompagnée de l’approbation de l’assemblée « il est digne ».

Un évêque est ordonné par trois évêques et les prêtres orthodoxes peuvent être mariés. Le célibat n’est pas une condition nécessaire à l’ordination d’un prêtre, au contraire. Le prêtre doit choisir sa femme avant l’ordination (« Matouchka » = femme d’un prêtre). Pratiquement tous les prêtres sont mariés.

L’orthodoxie a une grande vénération pour Marie, mais la conception « immaculée » n’est pas un dogme comme chez les catholiques. On ne parle pas d’Assomption d’ailleurs mais de Dormission.

Toute la théologie orthodoxe est résumée dans cette phrase d’Athanase : « Le Christ est devenu chair, pour que nous devenions divins ».

Gestes et symboles chez les orthodoxes

Le Symbole de Nicée-Constantinople

Plus long, débutant par la phrase «Je crois en un seul Dieu» a été rédigé lors du concile de Nicée (325) et complété à Constantinople en 381. Il est plus théologique, plus complexe que celui de Rome, mais il est plus précis et plus dogmatique. Les églises orthodoxes ne reconnaissent que le symbole de Nicée.

Le signe de croix

A noter que les orthodoxes font le signe de croix en partant du haut, en descendant, et en passant à droite avant d’aller à gauche.

On s’est signé avec trois doigts en Occident jusqu’au XIIe siècle et le pape Innocent III (1198-1216) écrivait encore que le signe de croix se faisait avec trois doigts et de droite à gauche. Puis, au XIIIe siècle, l’usage actuel chez les catholiques s’est imposé, sans que personne ne donne d’explication ou de justification particulière à ce changement. Peut-être voulait-on à tout prix se séparer des orthodoxes sur tous les plans?

En Russie, on a fait le signe de croix à la manière orthodoxe -de droite à gauche- mais avec deux doigts, jusqu’aux corrections liturgiques du patriarche Nikon au XVIIe siècle. Les Vieux-Croyants (ceux qui n’ont pas accepté les corrections faites par le patriarche Nikon) continuent à se signer avec deux doigts, de même que les Arméniens.

Alimentation

Il n’y a pas d’interdit, mais des pratiques propres à chaque pays. On peut être sensible aux prescriptions d’abstinence de viande le mercredi et le vendredi de chaque semaine (période du carême où ils sont plutôt végétariens). L’Église orthodoxe a prescrit de nombreux jeûnes (maîtrise du corps , fêtes où l’on dit adieu à la viande).

Rites du passage de vie à trépas

Présence du pope et la famille lors d’une communion et avec des prières pour le repos de l’âme. Après le décès les bras sont croisés sur la poitrine.

Rites des funérailles

Pendant l’office religieux, fleurs, bougies et prières correspondent à ce qui se passe sur le plan spirituel : l’illumination et l’éclosion de l’âme dans le monde de l’esprit. Traditionnellement le corps est porté à l’église, cercueil ouvert. Autopsie et prélèvements d’organes sont à éviter selon la doctrine orthodoxe.

Les icônes orthodoxes

Partout, des icônes que les fidèles vénèrent (représentation = idée qu’il y a une présence). Lorsqu’un orthodoxe embrasse une icône ou se prosterne devant elle, il ne s’adresse évidemment pas au bois ou à la peinture mais à la personne, à l’événement qui y figure : l’icône n’est pas une idole, mais un symbole que l’on vénère, à l’inverse de l’adoration qui est due à Dieu seul. On pourrait dire que l’icône ne représente pas tant une image mais qu’elle rend présent.

Icône orthodoxe représentant Jésus

Icône orthodoxe représentant Jésus

Les icônes sont ainsi comme des livres ouverts qui les font se souvenir de Dieu ; elles sont un des moyens que l’Église utilise pour enseigner la foi. L’icône n’est pas tant quelque chose qu’on regarde, mais qu’un être qui vous regarde. La réalisation des icônes est un acte de foi.

Les chants orthodoxes

Le chant est omniprésent dans les célébrations. Certains l’appellent le silence des anges (le chant des chérubins). Lorsqu’ils ont vu le Fils de Dieu prendre nature humaine, les anges qui chantaient inlassablement la gloire de Dieu se sont tus de stupéfaction et les hommes ont pris le relais !

Les saints orthodoxes

Les saints sont des modèles, des intercesseurs qui accompagnent le fidèle dans sa prière ou sur le chemin de son édification. Ce sont ceux qui nous ont précédés dans la foi.

Les fêtes chez les orthodoxes

Présentation des fêtes orthodoxes

Les fêtes orthodoxes sont célébrées soit selon le calendrier grégorien, soit selon le calendrier julien. Cependant il arrive que les dates des deux calendriers coïncident. Les fêtes orthodoxes sont pour la plupart similaires aux fêtes catholiques.

L’année liturgique orthodoxe commence le 1er septembre, huit jours avant la Nativité de la Très Sainte Mère de Dieu (8 sept) et se termine 15 jours après la dormition de Marie (15 août). Les 12 grandes fêtes orthodoxes « encadrent » la Fête de Pâques, qui ne fait pas partie des Douze, mais qui est la Fête des Fêtes.

Concernant les fêtes à date fixe, les dates indiquées sont valables pour les Églises grecque, roumaine et bulgare qui suivent le calendrier civil (grégorien). Pour les Églises russe et serbe qui suivent le calendrier julien, c’est 13 jours plus tard.
Concernant les fêtes à dates mobiles (Rameaux, Pâques, Ascension, Pentecôte), les Églises grecque, roumaine et bulgare suivent le calendrier julien.

Liste des fêtes orthodoxes

  • Nativité de la Très Sainte Mère de Dieu (8 sept),
  • Exaltation de la Croix (14 sept),
  • Présentation de la Très Sainte Mère de Dieu au Temple (21 nov),
  • Noël – Nativité du Christ (25 déc),
  • Théophanie – Baptême du Christ (6 janv),
  • Sainte Rencontre (2 fev),
  • Annonciation à la Mère de Dieu (25 mars),
  • Dimanche des Rameaux – Entrée du Seigneur à Jérusalem,
  • Pâques (23 avril),
  • Ascension,
  • Pentecôte,
  • Transfiguration (6 août),
  • Dormition de la Très Sainte Mère de Dieu (15 août),
  • Les fêtes des saints propres à chaque région.





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