D’où vient la bible ?

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la Bible n’est pas tombée du ciel ! Elle s’est créée progressivement avant de prendre la forme que nous lui connaissons aujourd’hui. Les histoires, les lois, les prières et les poèmes qui la composent ont été rédigés à des périodes différentes, médités, repris, commentés puis édités et traduits.

La Bible

La Bible

L’Ancien Testament : un texte écrit en trois langues

Les livres de l’Ancien Testament ont été écrits en hébreu, entre le VIIIe et le Ier siècle avant Jésus Christ. Certains textes sont aussi rédigés en araméen, une langue très proche de l’hébreu.

Au VIe siècle avant Jésus-Christ, l’araméen est devenu la langue administrative et diplomatique de l’Empire perse. On trouve des passages en araméen dans le livre d’Esdras et celui de Daniel par exemple.

Au IIIe siècle avant Jésus Christ, les Juifs qui étaient installés en Égypte ne comprenaient plus l’hébreu. Pour leur communauté, ils ont dû traduire la Bible en grec.

L’Ancien Testament a ainsi été traduit en grec pour la communauté juive d’Alexandrie qui ne connaissait que le grec car c’était la langue de l’Égypte depuis Alexandre le Grand (332 av. J.-C.).

Ils traduisent d’abord en grec la Torah : c’est la Loi constituée des 5 premiers livres de l’Ancien Testament. On l’appelle aussi le Pentateuque. Puis, ils s’attellent à tous les autres livres qui composent la Bible. Cette traduction en grec s’appelle la Septante. Ce nom de Septante s’explique car, selon une légende, soixante-douze (ou soixante-dix scribes pour Flavius Josèphe) auraient traduit séparément toute la Bible, et les soixante-douze (soixante-dix) traductions auraient été identiques.

Le nouveau Testament

L’existence historique de Jésus Christ n’est plus sérieusement contestée. Elle est d’ailleurs attestée par des auteurs qui ne sont pas chrétiens (les historiens païens latins Tacite, Suétone et Pline le Jeune parlent du Christ).

Il est né sous le règne du roi Hérode le Grand, probablement 6 ans avant le début de notre calendrier (en raison d’une erreur de calcul de calendrier). Vers les années 27-28, il va débuter sa vie publique par le baptême que va lui donner Jean-Baptiste. Elle durera 2 ou 3 années et s’achèvera par sa crucifixion aux alentours de 30. Après sa mort, ses disciples prétendent avoir trouvé son tombeau vide et annoncèrent sa résurrection.

Jésus-Christ n’a rien écrit lui-même qui nous soit parvenu. La rédaction du Nouveau Testament s’opère en plusieurs étapes.

L’époque des Apôtres

Après la mort du Christ, de l’an 30 à 70, les apôtres organisèrent les communautés naissantes. Les premières sources sont les suivantes :

Sources orales

Durant les premières années, les apôtres procèdent de plusieurs manières. Ainsi, la tradition orale va commencer à se structurer.

L’annonce de la Bonne Nouvelle : les apôtres annoncent leur nouvelle foi en se déplaçant de ville en ville. On dirait aujourd’hui d’eux que ce sont des prêcheurs.

La célébration de Dieu et de Jésus Christ : des chants et des éléments de liturgie (exemple : Baptême, Eucharistie,…) s’élaborent.

L’enseignement aux nouveaux baptisés : les apôtres reprennent pour cela les actes et les paroles du Christ.

Sources écrites

Les traditions orales sont mises par écrit. Sans avoir de certitude sur ce point, les spécialistes pensent qu’avant même la rédaction des Évangiles tels que nous les connaissons, circulaient des recueils des paroles et de la vie de Jésus-Christ.

Assez vite, des catéchèses, écrites en araméen, devaient circuler en Judée et en Galilée. On peut penser également que le récit de la Passion s’est très vite constitué par écrit dans une visée liturgique. Il s’agissait pour la communauté de Jérusalem, et pour des disciples qui montaient à Jérusalem pour la Pâque par exemple, de faire mémoire de la mort de Jésus.

L’Apôtre Saint Paul écrit des lettres aux communautés qu’il a fondées en Asie Mineure, une lettre à la communauté de Rome, plus le billet à Philémon au sujet de son esclave Onésime devenu chrétien. Ce sont des écrits qui réagissent à des situations bien précises et qui seront lus lors de l’assemblée communautaire.

La deuxième génération de chrétiens

La mort des apôtres fait prendre conscience aux chrétiens de la nécessité de mettre en forme leurs enseignements et leurs souvenirs. Cela va conduire à la rédaction des Évangiles et de plusieurs lettres, de 70 à 100 après Jésus Christ.

Les textes vont apparaitre selon la chronologie suivante :

L’Évangile de Marc

Le premier Évangile, celui de Marc (65-70), est probablement rédigé à Rome.

L’Évangile de Matthieu

Israël est vaincu par les Romains. Ils détruisent le Temple de Jérusalem et les Juifs se dispersent dans le monde. Le courant pharisien  -qui sont des Juifs attachés à un respect rigoriste de l’Ancien Testament- donne sa forme définitive à la Bible.

En réaction, pour marquer leur identité et affirmer leurs convictions, les chrétiens d’origine juive rédigent l’Évangile de Matthieu (80 – 90) ainsi que les lettres de Jacques et de Jude.

L’Évangile de Luc et les Actes des Apôtres

Les Églises fondées par Saint Paul écrivent à leur tour (80-90). Un chrétien proche de Saint Paul écrit l’Évangile de Luc et les Actes des Apôtres (qui racontent la vie des premières communautés). L’Évangile de Luc et les Actes des Apôtres constituent en fait le même texte.

De nombreuses lettres vont être publiées (Lettres au Colossiens (habitants de la ville de Colosse), aux Ephésiens (habitants de la ville d’Éphèse)…

L’Évangile de Saint Jean

La communauté johannique sort de son isolement (80-100). Ce groupe de chrétiens marqué par la méditation théologique et se reconnaissant dans la figure du Disciple bien-aimé (qui sera ensuite identifié à Saint Jean) rédige l’Évangile de Saint Jean et trois lettres (Jean 1, 2 et 3). Dans un contexte de persécutions, un chrétien proche de cette communauté écrit une Apocalypse.

La troisième génération de chrétiens

Certains textes sont rédigés ultérieurement, de 100 à 120 après Jésus Christ.

C’est notamment le cas de l’Épître aux Hébreux (vers 100) qui témoigne d’un christianisme détaché du judaïsme, ou encore de la Seconde Épître de Saint Pierre (vers 120) qui est une réécriture de l’Épitre de Jude.

Quelques dates importantes dans la transmission du Nouveau Testament

La « recension alexandrine »

Rappelons qu’à l’époque ni l’imprimerie, ni Internet n’existait. Les Bibles se traduisaient et se diffusaient grâce à ceux qui les recopiaient. Au fil du temps, certaines copies s’étaient éloignées des textes originaux.

Face aux divergences entre les manuscrits, l’Église décida au IIIe siècle de procéder à une « recension » (comparaison des différents textes avec les manuscrits d’origine). Notons qu’une autre « recension » aura lieu à Antioche (on la nomme la « recension occidentale »).

Les textes qui étaient rédigés en grecs sont traduits en latin, en copte (pour les chrétiens égyptiens) et en syriaque (pour des chrétiens du Moyen Orient).

Les grands manuscrits complets du Nouveau Testament

Une nouvelle « recension » sera faite à Byzance au Ve siècle. Elle s’impose comme la version commune à toutes les Églises de langue grecque.

Les grands manuscrits datent de cette époque. Ils ont pour nom « Vatinacus », « Sinaïticus », « Alexandrinus », « Codex d’Ephrem », « Codex de Bèze »…

Le Codex

Le Codex est l’ancêtre de nos livres modernes. Il est constitué de pages manuscrites et d’une couverture assemblées grâce à une reliure. Au cours de l’époque romaine, il va remplacer le rouleau de parchemin en instaurant une petite révolution car il permet un accès facile à n’importe quelle partie du texte. Il sera très vite adopté dans la chrétienté afin de se différencier des Juifs qui continuent d’utiliser des rouleaux pour la lecture synagogale et pour l’étude de la Bible.

A partir du Ve siècle

Du Ve siècle à la Renaissance, les monastères assurent la copie des textes de la Bible mais aussi des littératures grecque et latine.

De la Renaissance au XVIe siècle, de nombreux manuscrits affluent en Occident après la chute de Constantinople (1453). La division en versets est introduite par l’imprimeur et traducteur français Robert Estienne à la même époque. Les Humanistes, protestants et catholiques, renouent avec le grec et l’hébreu et sont capables de comparer les différentes versions de la Bible.

Depuis le milieu du XIXe siècle, le savant Constantin von Tischendorf fait des recherches pour retrouver des versions anciennes de la Bible. Il découvre une version quasi complète de la Septante dans le monastère Sainte-Catherine du Sinaï. On parlera de la version du « Sinaïtacus ». Sinaiticus, Alexandrinus, Vaticanus et Codex de Bèze servent à former le texte grec du Nouveau Testament qui sera utilisé pour les traductions en langues modernes. Les traductions de l’Ancien Testament sont faites sur le texte hébreu du Codex de Saint-Pétersbourg.

Aujourd’hui, des logiciels informatiques comme BibleWorks ou Accordance permettent à un nombre beaucoup plus grand de personnes d’avoir accès aux textes hébreux et grecs de la Bible. Il faut souligner que les divergences entre les manuscrits ne portent que sur des détails qui n’en changent pas le sens. Nous pouvons ainsi faire confiance aux textes que nous utilisons.

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