Les Psaumes, « les prières communes aux juifs et aux chrétiens »

Le livre des psaumes (appelé aussi psautier qui vient du grec psaltèrion, instrument à cordes qui accompagnait les chants) n’est pas un « livre » à proprement parler, mais plutôt une collection de 150 prières.

Ces psaumes sont des prières de genres très divers, composées pour la plupart afin d’être utilisés dans la liturgie.

Les psaumes sont situés dans la 3ème partie de la Bible (Les Écrits) qui correspond aux paroles humaines.

Le psautier est structuré en cinq livres distincts :

•    Premier livre: 1-41
•    Deuxième livre: 42-72
•    Troisième livre: 73-89
•    Quatrième livre: 90-106
•    Cinquième livre: 107-150

Le livre des psaumes étant celui rédigé par les hommes, cette structure en 5 parties répond à la structure du Pentateuque : de même que Dieu a donné cinq livres à l’humanité, l’homme donne cinq livres à Dieu.

Un nombre important de psaumes est attribué à David, sachant qu’une triple symbolique est à l’œuvre :

•    le roi représente l’homme,
•    le prophète représente celui qui énonce la parole divine,
•    le prêtre représente l’institution religieuse.

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Sens du livre des Psaumes
Structure, numérotation et langage du livre des Psaumes.

1. Les différentes parties – Livres composant le Livre des Psaumes

Premier livre (Ps 1 à Ps 41)
C’est le livre de la nuit qui décrit le combat du juste face au méchant : l’homme se trouve devant deux chemins face auxquels il doit choisir. Le centre de ce livre est constitué par le psaume 22.

Deuxième livre (Ps 42 à Ps 72)
C’est le livre de l’Exil : là encore la souffrance domine mais il existe un espoir dans le combat.

Troisième livre (Ps 73 à Ps 89)
C’est le livre de la souffrance collective et de l’espérance : on devine un jour qui n’est pas encore tout à fait là. Notons le psaume 78 qui est consacré à la sortie d’Egypte.

Quatrième livre (Ps 90 à Ps 106)
C’est le livre de la royauté qui parle du règne de Dieu.

Cinquième livre (Ps 107 à Ps 150)
C’est le livre de la montée qui décrit une grande montée vers la jubilation.
Le dernier psaume (Ps 150) n’est que louange.

 

2. Le langage utilisé par les psaumes

Les deux principaux styles sont les suivants :

• louange
• supplication

On trouve également, dans une moindre proportion, des psaumes :

• de sagesse
• d’éthique
• historiques

 

3. La structure des psaumes

Psaumes de supplication
Ces psaumes sont structurés de la manière suivante :

• le psalmiste part du constat d’un manque (individuel ou collectif)
• il appelle Dieu
• Dieu répond

Mais au-delà de la situation ponctuelle, le psalmiste sollicite Dieu pour qu’il soit attentif à sa demande .

Psaumes de louange
La louange porte sur les différentes facettes de l’action de Dieu :

• l’œuvre de création,
• les hauts-faits de Dieu
• l’action divine
• Dieu lui-même

Dans de nombreux psaumes, la louange sert de première étape avant une supplication.

Sur le plan spirituel, même si nous ne sommes pas dans cet état d’esprit, en louant ou en suppliant avec le psalmiste, c’est le moyen pour les croyants de se situer dans l’histoire en priant avec ceux qui vivent ou ont vécu ces situations.

 

4. Les deux numérotations des Psaumes

Avec les psaumes, un problème pratique se pose rapidement. En effet, la Bible hébraïque et la Bible grecque (suivie par la Bible latine) n’ont pas la même numérotation des psaumes ! Certains psaumes ont été dédoublés ou fusionnés par l’une ou l’autre Bible, si bien qu’il existe la plupart du temps un décalage d’une ou deux unités.

Ce tableau vous permet de vous y retrouver :

Bible hébraïque Bible grecque ou latine
1-8 1-8
9 9,1-21 (les psaumes 9 et 10 ont été fusionnés)
10 9, 22-39
11-113 10-112
114 113,1-8 (les psaumes 114 et 115 ont été fusionnés)
115 113, 9-26
116, 1-9 114 (le psaume 116 a été dédoublé)
116, 10-19 115
117-146 116-145
147, 1-11 146 (le psaume 147 a été dédoublé)
147, 12-20 147
148-150 148-150

 

Dans les Bibles en français, il est d’usage de citer la référence d’un psaume suivant la numérotation hébraïque, et d’indiquer au besoin entre parenthèse la numérotation grecque : on écrira ainsi Ps 51 (50) pour indiquer le psaume n°51 dans la Bible hébraïque. La liturgie catholique suit la numérotation de la Bible latine (Vulgate) en indiquant entre parenthèses la numérotation de l’hébreu : Ps 50 (51) pour indiquer le psaume n°51 dans la Bible hébraïque.

Le Livre des psaumes est, dans la Bible hébraïque, le premier de la section des Écrits (Ketouvim). Dans l’Ancien Testament des chrétiens, il se trouve entre le livre de Job et celui des Proverbes.

 

5. Les chants de Psaumes

Les psaumes sont chantés au cours des différents offices du jour dans les Églises chrétiennes.

Liturgie des heures de l’office romain :
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Liturgie orthodoxe :
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Liturgie anglicane :
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Tradition calviniste :
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Histoire de la rédaction du livre des Psaumes
Par qui et comment ont été rédigés le livre des Psaumes.

1. Qui a rédigé les psaumes ?

La suscription qui se trouve au début de nombreux psaumes indique la personne à laquelle il se rapporte :

• 73 sont en relation avec David
• 11 avec les fils de Coré (Ps 42 ; 44-49 ; 84-85 ; 87-88).
• 2 avec Salomon (Ps 72 ; 127)
• Le psaume 90 est mis en relation avec Moïse
• D’autres enfin avec Asaf (Ps 50 ; 73-83)
• Les psaumes 39, 62 et 77 sont mis en relation avec Yedutûn.

Au-delà de sa propre personne, David représente le roi (qui représente l’homme). Le fait d’attribuer l’ensemble du psautier à David témoigne certainement de l’influence du premier livre de Samuel où le jeune David est présenté à la cour royale de Saül comme un joueur de cithare (cf. 1 S 16,16.23 ; 18,10 ; 19,9). Toutefois, il s’agit d’une composition collective et anonyme.

 

2. Comment a été rédigé le livre des psaumes ?

Nous pouvons repérer trois étapes principales :

A. Les psaumes particuliers.

La datation d’un psaume individuel est très difficile, et même souvent impossible. Certains peuvent avoir été écrits très tôt dans l’histoire de l’ancien Israël (cf. des éléments pré-israélites, « cananéens », dans le Ps 29), et d’autres peuvent avoir été écrits après l’exil à Babylone (587 – 538 av. J.-C.).

B. Les collections de psaumes antérieures au psautier.

La note en Ps 72,20 (« Fin des prières de David, fils de Jessé ») trahit la fin d’une collection de plusieurs psaumes. La collection « davidique » des Ps 51-72 serait la plus ancienne. A l’époque de l’exil à Babylone, la figure de David serait devenue dans cette première collection de psaumes le modèle de l’homme qui expose sa plainte à Dieu. Au retour de l’exil, les « psaumes d’Asaf » (Ps 73-83) s’ajouteraient à la collection des «psaumes de David» (Ps 51-72), mais les introduisent aussi avec le Ps 50. Puis, les «psaumes de Coré» (Ps 42-49) auraient été placés en tête de la collection. Les spécialistes parlent pour cet ensemble d’un « psautier élohiste » (Ps 42-83).

Une nouvelle collection de « psaumes de David (Ps 3-41) va être placée devant ce «psautier élohiste» (tout en joignant en annexe des psaumes de Coré [Ps 84-85 ; 87-88] et un psaume de David [Ps 86]) afin de former un ensemble que l’on appelle le « psautier davidique » (Ps 3-88).

Ce « psautier davidique » allait de pair avec l’espérance d’une restauration davidique portée par Zorobabel, gouverneur de Juda, lui-même d’ascendance davidique. Après la disparition de Zorobabel sur la scène politique, cette attente davidique s’est transformée en espérance messianique. Avec le Ps 2 comme nouvelle introduction et le Ps 89 comme grande conclusion, nous aurions alors la constitution d’un « psautier messianique » (Ps 2-89). Puis, les psaumes du Règne (Ps 90-99) et des annexes (Ps 100-118) viendraient alors s’ajouter à l’ensemble précédent pour former un « psautier théocratique » (Ps 2-118).

Les Écoles de Sagesse transmettent alors ce psautier en lui donnant un nouveau cadre avec les Ps 1 et 119 formant ainsi un « psautier sapiential » (Ps 1-119). Enfin, on aurait ajouté les « cantiques des montées » (Ps 120-134) ; des annexes (Ps 135-144) et le grand final en « Alléluia » (Ps 145-150) pour arriver au « psautier liturgique » (Ps 1-150).

3. Le livre des psaumes achevé et canonisé.

Le Livre des psaumes est clos, même si on continue de créer de nouveaux psaumes : la plupart des manuscrits de la Septante comprennent ainsi un Ps 151 ; certains manuscrits syriaques comportent les Ps 151-155. De nouveaux textes poétiques seront réunis désormais dans un livre à part : les « psaumes de Salomon ».

 

L'art et le livre des Psaumes
Les peintures et sculptures représentant le livre des Psaumes.

Le livre des psaumes : événements et portraits

 

David dictant les psaumes sous l'inspiration divine - Henri de Triqueti David dictant les psaumes sous l’inspiration divine – Henri de Triqueti (1803-1874)

Dessin préparatoire pour le décor de la chapelle du Prince Albert au château de Windsor
École nationale supérieure des Beaux-Arts, Paris.

 

La musique et le livre des Psaumes
Les musiques faisant référence au livre des Psaumes.

La mise en musique, par Josquin des Près à Evanescence, est considérable. Un certain nombre de psaumes sont cités par leurs premiers mots latins :

• Beatus vir : psaume 1
• Omnes gentes : psaume 47
• Miserere : psaume 51
• Qui habitat : psaume 91
• Cantate Domino : psaume 97
• Dixit Dominus : psaume 110
• Laudate Dominum : psaume 117
• Nisi Dominus : psaume 127
• Super flumina babylonis : psaume 137.

 

Allegri : Miserere

Monteverdi, Vespero della Beata Vergine, 1610

G. F. Handel, Messiah, (Ps 2 ; 16 ; 22 ; 24 ; 68 ; 69)

G. F. Handel, Coronation Anthems (Ps 21 ; 45 ; 89)

J. Brahms, “Herr, Lehre Doch Mich” (du Requiem allemand, mouvement 3) Ps 39

F. Mendelssohn, Trois psaumes, Op. 78, 1843-44 (Ps 2 ; 22 ; 43)

G. Verdi, « Va Pensiero » (de Nabucco) (Ps 137)

W. Walton, Belshazzar’s Feast, 1931 (Ps 81,1-3 ; 137)

Honegger, 2e et 3e partie de la Symphonie liturgique, 1946

A. Schönberg, De Profundis, 1954

Darius Milhaud, Cantate des psaumes, 1967 (sur des traductions de Claudel)

L. Bernstein, Chichester Psalms (Ps 2 ; 23 ; 102 ; 108 ; 122 ; 131)

D. Brubeck, The Gates of Justice, 1969 (Ps 95-98 ; 118,19-23)

A. Pärt, Psalms of David ; Psaume 51

T. Avni, De Profundis (Ps 130)

S. Reich, Tehilim, 1982

J. Rutter, Requiem Aeternam, 1985 (Ps 23 ; 130)

R. Kyr, The Passion according to Four Evangelists, 1998 (Ps 88 ; 130)

 

Josquin des Près, Qui habitat
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Claude Goudimel, Bienheureux est quiconque (Ps 128)
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François Couperin : Domine, salvum fac regem
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Texte latin de la Vulgate : Choir of St Paul’s Cathedral
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Texte anglais de la King James Version: Choir of King’s College, Cambridge
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Bach Cantata BWV 131 Harnoncourt
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Stravinski, Symphonie des psaumes, 1930 (Ps 39 ; 40 ; 150)
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R. Vaughan Williams, Old 100th Psalm, 1953
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PRESLEY Elvis – Gospel – Combien tu es grand
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John Coltrane, « Psalm », 1964 (Jazz)
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Boney M, « Rivers of Babylon », 1978 (Reggae, Disco Ps 19 ; 137)
Il s’agit à l’origine d’une chanson rastafarienne du groupe reggae jamaïcain The Melodians de 1970.
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Alpha Blondy – Psaume 23 et Jerusalem
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U2, « 40 », 1983 (Rock, Ps 40)
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Linkin Park, « Hit the Floor », 2002 (metal alternatif ou néo-métal, Ps 59)
Cette chanson est proche du Ps 59, le chanteur comme le psalmiste est en colère contre les injustices qui l’entourent.
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Evanescence, « Tourniquet », 2003 (Rock alternatif – gothic metal, Ps 39 ou 88)
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Noël Colombier : le Psaume du Pèlerin
La musique est l’Hatikvah, l’hymne de l’Etat d’Israël.
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La littérature et le livre des Psaumes
La littérature relative au livre des Psaumes.

Clément Marot, Psaumes de David, 1541

Traduction des psaumes, adoptés par la suite pour la liturgie chez les protestants.

Bertaut, Paraphrase du psaume 148, 1601

Malherbe, Paraphrase du psaume 145, 1647

Corneille, Sept psaumes pénitentiaux, 1670

Patrice de la Tour du Pin, Psaumes, 1938

 

Le cinéma et le livre des Psaumes
Les films faisant référence au livre des Psaumes.

Sixième sens (The Sixth Sense), film américain de M. Night Shyamalan sorti en France le 05 janvier 2000
Le petit garçon, Cole, qui a ce « sixième sens », dit le début du psaume 130 en latin «De profundis clamo ad te Domine» lorsqu’il joue avec ses soldats de plomb dans une église.
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L’un des morceaux de la Bande Originale du Film, composée par James Newton Howard, s’intitule « De Profundis ».
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TV Dramas

New York Police Blues (NYPD Blue), « Lost Israel », parties 1 et 2, Cinquième saison, 1997
Steve et Sherrie Egan font part à la police de New York de la disparition de leur fils Brian. M. Egan indique qu’un S.D.F., nommé Israël, a peut-être quelque chose à voir avec cette disparition. Au début de la seconde partie, Israël se suicide, laissant sa Bible ouverte sur le Psaume 119.
Finalement, M. Egan est impliqué dans le meurtre de son fils Brian. Alors que son mari est arrêté et avoue le meurtre, le détective Andy Sipowicz récite à Madame Egan, pour la réconforter, Ps 119,81-88.


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